Ces guerres qu'on dit humanitaires, Manière de voir (n°120, décembre-janvier 2011)
Y aurait-il donc des guerres justes, ou finalement juste la guerre ? De saint Augustin aux Français Bernard Kouchner (médecin et homme politique) et Bernard-Henri Lévy (néophilosophe, conseiller du président Nicolas Sarkozy), en passant par M. George W. Bush et ses « frappes préventives » contre l'« axe du Mal », beaucoup ont défendu un usage moral de la violence. Mais il y a un « dessous des cartes » : aucune opération, même parée du bleu de l'ONU et apparemment destinée à sauver des vies innocentes, n'est chimiquement pure. Les arrières-pensées stratégiques, économiques, géopolitiques demeurent.
G. Boutherin et E. Goffi, Les conflits et le droit, (Choiseul éditions, novembre 2011)
Les guerres civiles et les conflits récents en Côte d'ivoire, Libye et Syrie témoignent que les dirigeants d'un État, parce que jugés par la communauté internationale coupables d'attenter à la vie de leur peuple, ne sont désormais plus à l'abri de poursuites judiciaires contraignantes. Tout n'est plus permis. L'impunité n'existe plus. La protection des individus (combattants et non-combattants), et plus généralement de l'être humain, est aujourd'hui devenue une exigence morale des conflits qui s'impose aux armées régulières. Celle-ci a même été codifiée dans le cadre d'un droit des conflits armés qui édicte ce qui peut et ne peut être fait en temps de conflit, et dont la conséquence la plus aboutie aura été la création de la Cour pénale internationale. C'est la place du droit et de la justice, et plus particulièrement de l'humain, dans les conflits modernes que discute cet ouvrage. En réunissant les meilleurs experts internationaux sur le sujet, Les Conflits et le droit jettent un regard inédit sur une facette méconnue de la guerre, celle de la place de l'être humain qui est au coeur des conflits modernes et, au-delà, celle de sa protection, qui tend à prendre une place de plus en plus importante.
Jean-Paul Maréchal , Chine/USA, le climat en jeu, (Choiseul éditions, octobre 2011)
Le changement climatique d'origine humaine constitue l'une des menaces majeures qui pèsent sur le futur proche de l'humanité. Or, malgré l'urgence des mesures à prendre, aucun accord contraignant entre les principaux États pollueurs ne parvient à être adopté. Et cela notamment parce que ni les États-Unis ni la Chine ne sont disposés à accepter un accord qui les contraindrait à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. L'objet de cet essai est de décrypter les enjeux de cette impasse, de la replacer dans une perspective historique, de mettre en évidence les blocages qui font qu'aucun des deux premiers pollueurs du monde n'a pour le moment intérêt à faire preuve d'exemplarité. Il s'agira également d'identifier les facteurs susceptibles de constituer des pistes de solution à un problème dont la gravité ne saurait être minimisée.
La résurgences de vieilles interrogations. Les obstacles à surmonter. Quel projet économique pour l'Europe ? Lancée par la Documentation française au sein de sa collection Réflexe Europe, Débats aborde sans tabou dans une série de livre de poche, les nombreuses interrogations que suscite l'Union européenne. Une approche pluridisciplinaire, des éclairages incisifs et accessibles qui battent en brèche nombre d'idées reçues.
Xavier Raufer (Dir.), La finance pousse au crime, (Choiseul éditions, octobre 2011)
Avec la crise des subprimes, Wall Street a révélé un visage inquiétant : celui d'élites « en cols blancs » certes cupides et arrogantes, mais aussi truqueuses et fraudeuses. Profitant de la dérégulation, la finance américaine a importé dans l'univers policé de la haute finance les pires méthodes du banditisme classique, celui des « cols bleus ». Elle s'est transformée en véritable « scène de crimes » dont les auteurs resteront largement impunis. Les États appelés à la rescousse de banques irresponsables ont vu leur dettes souveraines plonger, la croissance stagner, l'inflation et le chômage augmenter. Pourtant, deux ans après cette crise majeure, tout semble presque oublié et revenu à la « normale » : business as usual. Les grands financiers ont repris leurs mauvaises habitudes puisqu'aucune réforme essentielle de la finance internationale n'a réellement vu le jour. Une certitude donc : la prochaine crise financière à forte dimension frauduleuse n'est plus désormais qu'une question de date.
A la recherche des européens, Questions Internationales, (N°51, septembre-octobre 2011)
Les Européens : thème apparemment simple, mais qui se complique à mesure que l’on s’en rapproche. Les Européens, il faut les rechercher, parce qu’ils se présentent rarement comme tels, et plus exactement sont d’abord autre chose : appartenance nationale voire régionale, héritage culturel, confession, langue, voire situation sociale les définissent tout autant sinon plus, y compris à leurs propres yeux, que ce qui pourrait être à première vue une simple toponymie. Peut-être le sentiment d’un long passé, d’une histoire interdépendante sinon commune, marquée par de multiples métamorphoses et plus conflictuelle qu’harmonieuse ? La conscience, après quelques siècles d’isolement suivis de quelques autres siècles de conflits et de découvertes, enfin de domination universelle, de ne plus appartenir qu’à un continent en voie de marginalisation ? qui donc est conduit, voire contraint, à s’unir face aux grands ensembles émergents ? Une identité sans unité, une juxtaposition de civilisations, de religions, de langues, de nations qui doivent se transcender, mais vers quoi ? Les Européens ne sont-ils tels que vus de l’extérieur, perçus par les autres ?
Figée dans des positionnements hérités de la guerre de Corée que symbolise le 38è parallèle et l'instauration d'une zone démilitarisée, la situation stratégique de la péninsule coréenne connaît une alternance de cycle de tensions et de détente depuis plus de soixante ans, sans parvenir à instaurer un système de sécurité acceptable par l'ensemble des puissances régionales. En dépit de la difficile mise en place d'une politique de coexistence pacifique et d'un processus de rapprochement intercoréen, à l'initiative de la diplomatie sud-coréenne, la partition de la Corée perdure, toute perspective de réunification étant repoussée à un avenir lointain.En filigrane la question posée revient à se demander s'il faut souhaiter le déclenchement d'une crise et/où l'effondrement du régime nord-coréen pour sortir de l'impasse stratégique que connait la péninsule coréenne depuis la fin de la guerre de Corée ?
Croissance élevée, intégration à la mondialisation, poursuite de la régionalisation... Année après année, l'Asie confirme sa montée en puissance, en dépit des pesanteurs, tensions et aléas dramatiques. De la Chine à l'Indonésie, alors que les révolutions arabes incitent les pouvoirs asiatiques à envisager des politiques alternatives, la priorité consiste à consolider les trajectoires de développement. De plus, les tensions n'empêchent ni les rapprochements ni les négociations dans les domaines géostratégique et économique. Et si la Chine n'a pas encore amorcé son basculement vers un statut de puissance mondiale, elle s ý prépare, tandis qu'une concurrence se met en place entre Pékin et Washington.
AfPak (Afghanistan - Pakistan), Questions Internationales (N°50, juillet-août 2011)
En dépit du déploiement de plus de 130 000 hommes et des milliards de dollars investis dans la reconstruction du pays, la coalition internationale ne parvient toujours pas à assurer la paix et la sécurité en Afghanistan. Elle se heurte aux attaques incessantes des talibans, aux revirements d'alliances des seigneurs de guerre, à l'ambivalence du Pakistan. Questions internationales dresse un bilan complet de dix ans de guerre.
Cinéma : le déclin de l'empire américain ?, Géoéconomie (N°58, été 2011)
Véritable industrie pour certains ou exception culturelle pour d'autres, le cinéma représente bien plus qu'un espace d'expression artistique. Industrie à la puissance financière colossale, outil et vecteur de la puissance étatique, le cinéma est devenu un acteur à part entière des relations internationales et des enjeux de puissance. Bollywood et le cinéma chinois sont en passe de détrôner la machine hollywoodienne en termes de quantité, redessinant ainsi la géopolitique mondiale de l'industrie du cinéma. Malgré une remise en cause du modèle économique des grandes « majors » de la production due à la popularisation d'Internet, des téléchargements illégaux et des technologies numériques, le 7è art continue de susciter les plus grandes passions et d'engendrer les dépenses les plus folles. La revue Géoéconomie s'interroge sur les fondements économiques et politiques de l'industrie du cinéma, sur sa géopolitique, sa vitalité, et sur la pérennité de son modèle économique.
Frédéric Charillon, La politique étrangère de la France, (La Documentation Française, juillet 2011)
Panorama des lignes de forces de la politique étrangère française au cours des 50 dernières années : de l'héritage gaulliste jusqu'à la réinvention de l'action extérieure face aux bouleversements géopolitiques successifs et à l'émergence de nouveaux acteurs. Avec également une réflexion sur la politique extérieure de la France mise en œuvre depuis 2007. Les annexes, très riches comportent les discours marquants et les déclarations de politique étrangère des présidents de la République française de la Ve République.
Ces derniers mois ont déclaré Oussama Ben Laden mort deux fois : noyé dans les aspirations démocratiques arabes, puis abattu au Pakistan. Le 11 septembre 2001, qui a imposé l’image d’un « hyperterrorisme » et celle d’une « islamisation » de la violence, a-t-il accouché d’un monde nouveau ? Le dossier que publie ici Politique étrangère témoigne de la diversité du monde conflictuel, sans doute plus visible depuis dix ans, et de la difficulté qu’ont les puissances classiques à s’y orienter. Nos esprits, nos modes de raisonnement doivent certes évoluer, mais aussi nos structures de forces ; dans quel sens, et avec quels moyens ?
Dans un deuxième dossier, Politique étrangère interroge encore l’avenir de l’UE autour d’une de ses politiques les plus emblématiques : la Politique agricole commune (PAC). Succès incontestable pour l’agriculture européenne dans son ensemble depuis plusieurs décennies, instrument décisif d’intégration, en particulier pour les derniers élargissements en Europe centrale, la PAC se retrouve au centre des discussions sur les budgets futurs, c'est-à-dire la politique à venir de l’UE, en un temps de doute général sur les voies et les finalités mêmes de la construction européenne.
Un continent marin menacé ? Les îles de l'Océanie, Carto, (N°6, Juillet-Août 2011)
L’Océanie est sans doute le moins connu des continents. Inventé tardivement, il est aussi celui qui correspond le moins à sa définition puisqu’il n’est pas, comme les autres « parties de la Terre », une masse terrestre délimitée par des mers, mais plutôt un vaste espace océanique de 90 millions de km2 incorporant quelque 15 000 îles aux superficies les plus variées. Elle est confrontée, comme le rappelle Luc Vacher, auteur de ce dossier consacré à ce continent, à des problématiques qui pèsent sur son avenir, tels l’isolement, la pollution des mers, les catastrophes naturelles, la surexploitation des ressources ou l’élévation du niveau de la mer. L’actualité traitée dans ce numéro est d’une grande variété : Carto revient sur la création d’un nouvel État africain au Sud-Soudan et sur les volcans islandais à travers des vues satellite spectaculaires des nuages de cendres qui ont de nouveau bien failli bouleverser le trafic aérien en Europe. On s’interroge aussi sur l’avenir de la dernière dictature du continent, la Biélorussie, de plus en plus isolée, sur les tensions post- électorales au Nigeria, sur la retraite politique du dalaï-lama et sur les déséquilibres démographiques hommes/femmes en Asie, où « manqueraient » près de 100 millions de femmes...
Alors que l'Occident semble avoir perdu le monopole de l'écriture de l'histoire mondiale et qu'un monde post-américain se dessine peu à peu, comment se construit, aujourd'hui, la scène stratégique mondiale ? L'espace stratégique mondial unifié et homogène, s'il a jamais existé comme tel, laisserait-il la place à un espace stratégique mondial fragmenté ? En Asie, en Amérique latine, en Afrique, des puissances dites émergentes concurrencent, sur le terrain économique, les puissances établies. Mais qu'en est-il dans le domaine stratégique, et plus précisément dans le domaine de la pensée stratégique ? L'hégémonie états-unienne, à imposer les termes du débat stratégique, se voit-elle remise en cause par de nouveaux acteurs qui auraient décidé de projeter leur propre vision du monde et de la scène stratégique mondiale ? Pour tenter d'interroger les nouvelles orientations de la pensée stratégique contemporaine, le dossier revient sur les lieux d'élaboration de cette pensée stratégique dans le monde (universités, thhink tanks, acteurs militaires, organisations internationales, etc.), sur les acteurs qui la produisent ainsi que sur les fondements et les influences intellectuels de cette pensée.
Fonte de la calotte glaciaire, ressources énergétiques convoitées, nouvelles routes commerciales …, sont autant d’enjeux qui mettent l’Arctique au cœur des débats du XXIème siècle. Ce sont aussi la culture samie, la marche vers l’indépendance du Groenland, l’importance de la Norvège dans la région ou encore l’Islande qui s’interroge sur son modèle économique. Le dossier d’Eric Canobbio présente également des visages méconnus d’un Arctique habité afin de proposer un paysage complet des mondes polaires.
À quoi sert le droit international, Questions Internationales (N°49, mai-juin 2011)
À quoi sert le droit international : l’intitulé du présent dossier ne comporte pas de point d’interrogation. C’est dire qu’il tente de mettre en lumière le rôle effectif du droit dans les relations internationales, la manière dont il les structure et les régularise. Loin de se limiter à une justice abstraite, aux revendications pacifistes, humanitaires ou « droits-de-l’hommistes » auxquelles on le résume trop souvent, il est l’outil concret de la sécurité internationale, mais aussi des opérations militaires entreprises pour maintenir ou rétablir la paix. Comment les gouvernements font-ils du droit international un moyen de leur politique extérieure? Comment se forment ses règles? Comment organise-t-il la coexistence et la coopération entre États? En quoi contribue-t-il à la paix et à la sécurité internationale ?
Géopolitique de la péninsule coréenne, Hérodote (N°141, juin 2011)
Après une période d’apaisement, les relations intercoréennes sont de nouveau loin d’être au beau fixe : la reprise du programme nucléaire de la Corée du Nord, l’élection du président conservateur sud-coréen Lee Myung-bak en février 2008 et, en 2010, le naufrage de la corvette sud-coréenne Cheonan près de la frontière maritime nord-coréenne et le bombardement de l’île de Yeongpyeong par l’armée du Nord ont accru les tensions.
Certains analystes interprètent cette détérioration du climat par la délicate transition politique en Corée du Nord : les provocations contre la Corée du Sud auraient pour fonction de susciter dans la population nord-coréenne un réflexe nationaliste qui aiderait à oublier les colossales difficultés économiques (rappelons le million de morts dûà la famine du milieu des années 1990). Mais ces tensions s’expliquent aussi par l’évolution de la géopolitique régionale. La montée en puissance de la Chine en fait désormais un acteur de premier plan dans le règlement de la situation géopolitique de la péninsule, dont elle seule semble détenir les clés de la stabilité et de la détente.
Edwy Plenel et Benjamin Stora, Le 89 arabe (Stock, juin 2011)
La révolution démocratique et sociale qui surgit aujourd’hui dans le monde arabe et, plus largement, dans le monde musulman, est à la fois une bonne nouvelle et un événement historique et international majeur. Ce « 89 » arabe, qui évoque tout autant le 1989 européen de la chute du mur de Berlin que le 1789 de la Révolution française, ébranle en profondeur les sociétés et touche également les pays européens, dont la France. L’analyser, l’expliquer, en évaluer la portée, est la raison d’être de ce dialogue entre un journaliste, Edwy Plenel, et un historien, Benjamin Stora. La confrontation entre les interrogations du présent, dont témoigne le premier, et la connaissance du passé, que détient le second, est particulièrement éclairante. Elle permet de saisir à la fois ce qu’il y a d’imprévisible, d’inventif, d’inédit dans le soulèvement des peuples et les faits oubliés ou les expériences meurtries dont il est pétri.
Depuis la chute du Mur de Berlin, le système international est devenu une sorte d'énigme, que les spécialistes peinent à décrypter et qualifier. Vit-on désormais dans un monde « post-bipolaire » - selon une catégorie héritée du passé -, « unipolaire » - ce que dément l'impuissance américaine - ou « multipolaire » - alors que les puissances moyennes démontrent une faible attractivité ? Derrière ce flou terminologique se dissimule une continuité profonde : la prétention des plus « grands », formalisée à partir de 1815 à travers une « diplomatie de concert », à se partager le pilotage du monde. On retrouve aujourd'hui cet entêtement oligarchique dans les nouveaux « directoires du monde » que seraient le G8 puis le G20, qui renouvellent pourtant les blocages. S'autolégitimant autour de notions telles que l'« Occident » et la « démocratie », la « diplomatie de connivence » - telle que Bertrand Badie la qualifie - conduit à des conflits (Afghanistan, Irak) qui ensuite lui échappent. Figée dans un fonctionnement d'exclusion, elle suscite la contestation d'États (Iran, Venezuela), d'opinions publiques et d'acteurs - parfois armés - frustrés d'être écartés de la prise de décision. Limitées dans ses performances et protectrice de ses privilèges, elle met en scène la volonté de résoudre des grandes crises, comme celles affectant l'économie mondiale, sans parvenir à des réformes concrètes. Phénix médiocre qui renaît toujours de ses cendres, la « diplomatie de connivence » est examinée ici dans son histoire, ses fonctions, et ses échecs. Bonne manière d'explorer aussi la notion obscure de « système international ».
La révolution des industries de défense, Géoéconomie (N°57, Printemps 2011)
Avec la reconfiguration des rapports de puissance mondiaux, l'offre et la demande mondiale en matière de défense se réorganise. Les défis géopolitiques, stratégiques, technologiques de l'industrie de défense sont à la mesure de la manne financière qu'ils représentent : tout simplement colossaux. Air, terre, mer, espace, aucune innovation n'est de trop pour assurer la sécurité des états. De nouveaux acteurs, acheteurs, équipementiers, revendeurs, apparaissent, les états et leurs représentants s'impliquent de façon toujours plus pressante. Le leadership américain est contesté, la Chine se réveille, en Europe la France et la Grande-Bretagne viennent de signer un nouveau partenariat... Assiste-t-on aux prémisses d'une remilitarisation du monde ? Ce dossier de Géoéconomie examine les enjeux et les dessous d'une industrie bien particulière.
Sécurité énergétique, Sécurité Globale (Numéro 15, Printemps 2011)
Lorsqu'une ressource se raréfie et que la demande ne cesse de croître, les marchés génèrent de nouvelles rivalités concurrentielles. C'est un phénomène naturel, une constante dans l'histoire. Lorsque cette ressource conditionne la sécurité d'un peuple et sa souveraineté, les tensions potentielles liées à des ruptures économiques produisent des politiques publiques offensives et agressives. L'énergie, moteur de l'évolution des civilisations, est un enjeu stratégique majeur au même titre que l'eau et l'alimentation. Les dernières années ont été marquées par une augmentation de la consommation globale, la prise de conscience des besoins accrus en approvisionnement, l'instabilité, et l'imprévisibilité des prix. Ce dossier de Sécurité globale examine les questions énergétiques essentielles pour comprendre les tensions et conflits de demain : concurrence, pétrole et diversification, approvisionnement, sécurisation des voies, etc.
Une réalité en 2011? L'Etat palestinien, Carto (N°5, Mai-Juin 2011)
L’année 2011 sera-t-elle celle de la création de l’État palestinien ? Annoncée il y a deux ans pour septembre par l’Autorité palestinienne et face à l’impasse des négociations israélo-palestiniennes, cette perspective de déclaration unilatérale d’un État a au moins l’avantage de faire bouger les lignes, en tout cas sur la scène internationale où plusieurs pays, avant tout en Amérique latine, se sont mis à reconnaître le futur État avant même sa proclamation. Il est vrai que, sur le terrain, comme le rappelle Pierre Blanc, auteur du dossier de ce numéro consacré à la Palestine, la situation n’a cessé de se dégrader, le mur de séparation constituant une nouvelle emprise d’Israël sur la Cisjordanie et Jérusalem. Ce dossier cartographique permet de remettre en perspective l’histoire de ce peuple à qui l’existence est déniée depuis plusieurs décennies.
Adrian Dellecker et Thomas Gomart, Russian Energy Security and Foreign Policy (Routledge, May 2011)
This book provides an original and thoroughly academic analysis of the link between Russian energy and foreign policies in Eurasia, as well as offering an interpretation of Russia’s coherence on the international stage, seeking to understand Russia and explain its behaviour. The authors analyse both energy and foreign policies together, in order to better grasp their correlation and gain deeper understanding of broader geopolitical issues in Eurasia at a time when things could go either way—towards producers or towards consumers. Questioning the concept of ‘energy deterrence’ which aims to fuel uncertainty in Russia’s relations with its partners, as well as projecting its overall power on the international scene, this provocative volume seeks to stimulate debate on this very important issue.
Yannick Mireur, Le monde d'Obama (Editions Choiseul, Mai 2011)
Le monde vit ainsi un paradoxe : le recul relatif de l'Amérique et la fin de l'âge occidental, mais la victoire d'un principe au coeur de la pensée euro-américaine moderne, l'émancipation, dont Obama est un exemple politique unique. Ce président historique fut longtemps en quête de lui-même, méditant sa propre expérience américaine. Il est aujourd'hui en intelligence instinctive avec ce monde où s'affirme la résilience des peuples, et qui est aussi un monde post-américain. Curieuse alchimie du cours des choses. Le discours du Caire de juin 2009 a voulu exprimer sa compréhension des complexités du monde contemporain, tout particulièrement dans le monde arabe et musulman. Et signaler une nouvelle relation de l'Amérique au monde. Les événements de 2011 ont ouvert une page historique nouvelle, pleinement en phase avec le discours de ce singulier président américain. Mais le défi principal pour la paix et la stabilité mondiales reste la Chine. Échappe-t-elle à cette force qui surgit ? À la résilience des peuples ?
Fabienne Costadau, La Mer de Barents. Un nouvel enjeu géostratégique. (L'Harmattan)
Le potentiel économique de la mer de Barents est très important. Alors qu'elles connaissent un différend juridique sur le sujet depuis 1976, la Russie et la Norvège ont adopté en septembre 2010 à Mourmansk un "Traité de délimitation maritime et de coopération en mer de Barents et dans l'océan Arctique", qui partage la zone contestée en deux parties égales. Le Canada, autre partie prenante de l'Arctique, a protesté. Quels sont les enjeux pour la Russie et la Norvège dans la partie européenne de l'Arctique ?
Eurorient n°31, Regards croisés sur l'Orient (L'Harmattan)
L'histoire du monde n'est pas celle d'une grande fracture entre l'Occident et l'Orient. Plusieurs contributions ont montré le destin entremêlé de l'Occident et de l'Orient. Comment peut-on alors comprendre explicitement ce qui a été implicitement la pratique constante dans l'histoire de l'humanité : échange et dialogue, mais également répression et invasion entre les peuples de l'Occident et de l'Orient ? Les contributions de ce numéro cherchent à décortiquer la perception et le vécu de cet "Occident" par le "hors-Occident".
Patrick Picouet, Le monde vu à la frontière (L'Harmattan)
La carte du monde n'est pas figée et son dessin se complique depuis la fin de la guerre froide. L'étape actuelle de la mondialisation est source de création de frontières. L'Union européenne, très attractive, se cherche de nouvelles frontières périphériques. La frontière, à la dimension profondément humaine, est marquée par la souffrance liée aux cicatrices qu'elle laisse sur la Terre et dans le cerveau des hommes qui tentent de la passer. Quand elle s'articule autour d'éléments naturels elle reste plus conflictuelle que consensuelle.
Révolutions. Le Réveil du monde arabe, Moyen-Orient (N°10, Avril-Juin 2011)
En cette année 2011, le monde arabe est en train de vivre un tournant dans son histoire, comparable à la rupture de 1989 en Europe de l’Est. Inattendus, les mouvements de contestation qui ont provoqué la chute de Ben Ali en Tunisie et leur propagation à l’Égypte puis à l’ensemble du Moyen-Orient marquent avant toute chose la volonté des peuples de la région de retrouver la dignité et de mettre fin à leur exclusion des affaires politiques. À l’heure où nous bouclons ce numéro, la situation est d’ailleurs des plus évolutives en différents lieux de la région. L’Égypte a adopté massivement le 19 mars une réforme constitutionnelle qui ouvre la voie à des élections législatives et présidentielles, des frappes aériennes sous couvert de la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies touchent la Libye, la répression fait rage à Bahreïn, et la Syrie connaît ses premières manifestations pour la levée de l’État d’urgence, en vigueur depuis quarante-huit ans, à Daraa dans le sud du pays. Véritable révolution, ce réveil arabe est au cœur du dossier que Moyen-Orient consacre aux dynamiques révolutionnaires et aux transformations en cours dans la région.
J-P. Betbèze et D. Giuliani, Les 100 mots du terrorisme (Que sais-je?, Avril 2011)
Si le terrorisme n'est pas un phénomène récent, il interroge notre société avec une acuité nouvelle depuis le 11 septembre 2001. Mais qu'y a-t-il de commun entre les Brigades des Martyrs d'Al-Aqsa et la Bande à Baader ? Au travers des 100 mots choisis, cet ouvrage nous invite à appréhender une réalité complexe et à cerner les multiples facettes du terrorisme en présentant ses principaux courants mais aussi ces figures d'hier et d'aujourd'hui et leurs méthodes. Il montre comment, aussi polymorphe soit-il, l'acte terroriste sert toujours à dire autant qu'à tuer : il tue pour dire. Le sang n'est alors que le vecteur d'un message comminatoire, aujourd'hui amplifié par le recours aux techniques les plus modernes de l'information et de la communication.
David Rigoulet-Roze, L’Iran Pluriel : regards géopolitiques (L'Harmattan, Avril 2011)
Plutôt que de proposer un vaste panorama totalisant ne pouvant prétendre à l'exhaustivité, David Rigoulet-Roze a décidé de privilégier quelques éclairages ciblés afin de rendre compte de la complexité iranienne. La première partie présente certains ressorts de la situation intérieure de l'Iran ; la deuxième élargit l'analyse aux principales composantes de l'hétérogénéité interne du pays et de son environnement immédiat ; enfin, la troisième partie étudie la potentialité du chiisme iranien d'accroître son influence sur l'ensemble du monde musulman. Ainsi sont mises en relief plusieurs questions fondamentales : Qu'est-ce donc qui sous-tend la prise de décision des dirigeants iraniens ? Quelle peut-être la stratégie de l'Iran devant le renforcement des sanctions votées par les Nations Unies ? Quelles sont les fragilités internes de ce pays plurimillénaire ? Comment mesurer l'étendue de son influence extérieure via les ramifications du chiisme au sein du Moyen-Orient, voire au-delà ?
Bruno Tertrais, L'apocalypse n'est pas pour demain, pour en finir avec le catastrophisme (Editions Denoel, avril 2011)
Comment ne pas être inquiet? Chaque jour, de mauvaises nouvelles sont assenées sur l'état de la planète, celui de notre civilisation ou sur notre santé. Et nous sommes abreuvés de prévisions catastrophistes. La population mondiale s'accroît trop vite ; les ressources naturelles vont s'épuiser rapidement ; les produits chimiques affectent notre santé ; le modèle capitaliste s'effondre ; le temps de la suprématie occidentale est terminé ; le djihadisme menace les fondements de notre civilisation ; la prolifération des armes de destruction massive est incontrôlable... Sans compter que le terrorisme nucléaire n'est pas loin. Les gouvernements, les institutions internationales, les ONG et les experts ont tous une part de responsabilité dans cette politique de la peur, nombreux d'ailleurs sont ceux qui en bénéficient. Et si la planète allait bien mieux qu'on ne le croit? Les prophètes de malheur ont beaucoup de succès, mais il s'avère qu'ils ont toujours eu tort. À l'encontre des idées reçues, Bruno Tertrais propose ici une autre lecture du monde, qui met l'accent sur des faits souvent ignorés et sur les incertitudes qui entachent les prévisions catastrophistes. Ce livre est une véritable invitation à retrouver une vision plus sereine de nos sociétés et de leur avenir, et à croire au progrès au sens noble du terme – c'est-à-dire à l'amélioration de la condition humaine.
Les religions sur l'autel du pouvoir, Le Jeu de l'Oie (Numéro 3, Printemps 2011)
« Arc chiite », « menace islamiste », « guerres de religion »… Ce dossier est l’occasion pour nous de lever le voile sur la place des religions dans la structuration des sociétés et du système international, d’affronter les idées reçues, en particulier sur l’Islam, de lutter contre les amalgames, et d’interroger la nature des discours alarmistes sur cette apparente « prolifération religieuse » qui menacerait la stabilité mondiale. Notre monde n’est pas divisé en « sept aires de civilisations » homogènes, hermétiques et rivales (S. Huntington), pas plus qu’il n’est fondamentalement « réenchanté » (P. L. Berger). L’islam ne saurait être résumé à ses intégrismes. L’arc chiite n’existe pas. Ces discours, qui imprègnent notre représentation du monde, sont dangereux car ils alimentent une peur irrationnelle justifiant les croisades des uns et le maintien au pouvoir des autres, en « Orient » comme en « Occident ». Plus que des réponses, il s’agit ici d’apporter les bonnes questions.
Dans un recueil de courts récits truffés d’anecdotes drôles ou terrifiantes, Bertrand Rosenthal, journaliste reporter à l’AFP depuis 30 ans, raconte Fidel Castro, cabotin et amateur de fromages, Andreï, au volant de son blindé dans Grosny assiégée, Kofi Annan, négociant une intervention humanitaire sur le tarmac de l’aéroport de Khartoum, John Anthony Kaiser, missionnaire iconoclaste et ancien soldat, retrouvé mort au bord de la route, ou encore Fernando Suarez del Solar, voyageant jusqu’en Irak pour planter une croix en terre islamique, où son fils est mort en servant l’armée américaine. Voyage éclair en machine à remonter le temps, à résumer l’espace, ces aventures se lisent avec gourmandise.
Le monde arabe dans la crise, Maghreb-Machrek (Numéro 206, Hiver 2011)
La crise aurait-elle rattrapé les pays du sud de la Méditerranée ? Les effets de cette dernière ne seraient-ils pas, finalement, l'un des éléments déclencheurs de ce qui ressemble à une révolution arabe qui révèle l'épuisement des régimes politiques tout autant que des régimes de croissance? Contrairement à ce qui avait été largement écrit et pensé par les économistes, les pays du sud de la Méditerranée ont lourdement été affectés par la crise mondiale. La forte croissance économique de ces pays n'a effectivement pas suffi à cacher la fragilité de leur système économique et social, et surtout n'a pas réussi à résoudre les problèmes de la pauvreté, du chômage et de l'aspiration des sociétés civiles à plus de liberté. Ce numéro de Maghreb Machrek, consacré à l'analyse des conséquences de la crise financière de 2008 sur les pays arabes du sud de la Méditerranée se propose d'apporter un éclairage sur le processus historique en cours et de clarifier les enjeux de leur possible mais incertaine transition démocratique.
La Chine et la nouvelle Asie, Questions Internationales (N°48, Mars-Avril 2011)
On attend beaucoup de la Chine, et de façon contrastée. Parfois on redoute sa concurrence économique ou ses ambitions politiques. Parfois on espère que son ascension lui permettra de maintenir ou relancer l’économie mondiale et d’assumer un rôle plus actif dans la gestion et la solution des problèmes internationaux. Mais la Chine est d’abord une puissance asiatique et c’est dans ce cadre que doivent être aussi appréciées sa capacité d’entraînement économique et son influence politique. Tel est l’objet du présent dossier.
Jean-Marie Chevalier, Les 100 mots de l'énergie (Que sais-je?, Mars 2011)
Réfléchir sur l'énergie, c'est d'abord se pencher sur une histoire des besoins des hommes, aujourd'hui satisfaits à 80% par trois grandes énergies fossiles, non renouvelables et polluantes : le pétrole, le charbon et le gaz naturel. Au travers de 100 mots, cet ouvrage présente les types de ressources énergétiques, explicite les enjeux économiques et géopolitiques liés à l'énergie, analyse les marchés de l'énergie et identifie les acteurs institutionnels et économiques du secteur. Il permet de mieux mesurer à quel point la gestion du couple énergie/climat est une question stratégique pour notre futur.
Le Kosovo attend encore une véritable entrée sur la scène internationale. Et voici que pointe le Sud-Soudan, encore sans nom, sans infrastructures, sans rien d’autre presque qu’un peuple et du pétrole. Rémanence, résilience des États, inégalité fondamentale, trois éléments pour une interrogation aujourd’hui essentielle. Hier les États faibles eussent été les victimes évidentes des prédateurs voisins ; ils sont désormais l’objet de la sollicitude d’une « communauté internationale » qui a pris l’instabilité en horreur et oeuvre à leur relèvement.
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Dans les années 1980, le Japon figurait l’avenir du monde ; et fut trop tôt rangé dans les coulisses, comme si quelque dépit politique nous interdisait de le voir pour ce qu’il est, et demeure : une des principales puissances du monde. La redécouverte des réalités du modèle japonais s’impose : parce que l’appréhension des révolutions asiatiques ne peut se faire sans lui ; et parce que ses difficultés, réelles, nous aident à nous penser nous-mêmes pour nous Européens.
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Le sud de la Méditerranée reste l’impensé radical de notre histoire récente. Or si l’effet domino n’est pas sûr, les coups de tonnerre tunisien et égyptien annoncent déjà une donne nouvelle dans la région, une mutation des rapports de puissance. Face au grand vent, notre silence d’Européens trahit l’échec de nos politiques à l’égard de l’espace méditerranéen, et notre impuissance à penser le changement de nos propres sociétés à la démographie désormais largement "méditerranéenne".
Renseignement et intelligence géographique, Hérodote (N°140, mars 2011)
Durant la guerre froide, le renseignement géographique consistait principalement à connaître l'armement nucléaire de l'adversaire ; or depuis les années 1990, les armées occidentales sont confrontées à d'autres types de conflits dans lesquels le renseignement géographique, au sens le plus classique de ce savoir dans la pratique de la guerre - topographie, nature des terrains, météorologie, climat, hostilité ou appui de la population -, retrouve toute son importance. Les nouvelles technologies ont également bouleversé l'accès au renseignement et même, pour une part, sa nature : géolocalisation de plus en plus fine, informations captées grâce aux satellites, couverture numérique du monde plus étendue.Néanmoins, si la précision et la fiabilité du renseignement sont des conditions nécessaires au succès d'une opération militaire ou d'ordre public, elles ne suffisent pas à l'assurer. La connaissance des milieux physiques, qu'il s'agisse du relief ou des volumes bâtis, est assurément indispensable, mais celle des milieux humains bien davantage, car les idées, surtout si elles sont clandestines, n'apparaissent pas en télédétection. L'intelligence géographique est de plus en plus nécessaire.
Bob Woodward, Les guerres d'Obama (Editions Denoel, mars 2011), Traduit de l'anglais par Collectifs
Barack Obama a-t-il l'étoffe d'un président de guerre? Parmi tous les périls qui planent sur son mandat, la guerre d'Afghanistan est sans doute le défi le plus important qu'il ait à relever. Au lendemain de sa victoire, l'ancien candidat «anti-guerre» a dû endosser l'habit du commandant en chef pour sortir l'Amérique du bourbier dans lequel George W. Bush l'avait précipitée. C'est cette mue que raconte Bob Woodward, poursuivant son exploration des coulisses du pouvoir américain. Fort d'un accès privilégié aux documents les mieux gardés et des confidences des personnalités les plus haut placées à Washington, il décrit sous un jour nouveau les deux premières années de l'administration Obama et dresse un portrait inédit du 44e président des États-Unis. Au-delà des événements cruciaux qu'il est le premier à évoquer, Bob Woodward nous permet ainsi de mieux comprendre comment Barack Obama pense, décide et agit.
Alain Labrousse, Géopolitique des drogues (Que sais-je?, Février 2011)
La prévention de l'usage des drogues et la lutte contre le trafic international sont replacées dans un contexte géopolitique. Ce livre offre les clefs pour déchiffrer les enjeux économiques et stratégiques, pour comprendre comment la « guerre à la drogue » est elle-même devenue un instrument au service de politiques sécuritaires, commerciales ou expansionnistes. Sociologue et journaliste, Alain Labrousse a dirigé pendant dix ans (1990-2000) l'Observatoire géopolitique des drogues (OGD).
André Laronde et François Burgat, La Libye (Que sais-je?, Février 2011)
La Libye, au coeur de l'actualité, est un pays qui a une histoire qui remonte jusqu'à l'Antiquité. Ancienne province de l'Empire ottoman, la Tripolitaine, la Libye est indépendante depuis 1951. La population bédouine pratiquant le nomadisme agro-pastoral dans un cadre tribal a dû composer avec des populations sédentaires en voie d'urbanisation. Ce « Que sais-je ? » vous procure l'essentiel du savoir sur la Libye avec un rappel de l'Histoire du pays mais aussi une analyse de son économie et de sa politique. Une partie entière est consacrée au régime de Mouanmar Khadafi.
Mohammed Arkoun, La pensée arabe (Que sais-je?, Février 2011)
Présenter l'histoire de la pensée d'expression arabe depuis l'émergence du fait coranique (610-632) jusqu'à nos jours, tel est l'objet de cet ouvrage. Ce long parcours est marqué par une riche créativité (632-1300), puis des régressions, des renoncements, des appauvrissements (1300-1800), une éphémère renaissance (1800-1940), une hypertrophie du discours idéologique nationaliste (1950-1980), puis islamiste fondamentaliste (de 1980 à nos jours). Alors que l'on oppose de plus en plus fréquemment l'« Occident » à l'« Islam », cet ouvrage situe, par l'approche historico-critique, la place de la pensée arabe dans l'histoire générale de la pensée et des cultures dans un espace méditerranéen remembré, par-delà toutes les grandes ruptures historiques entre les rives du nord et du sud de la Méditerranée.
Médias et pouvoirs en Chine, Monde chinois (Numéro 24, Hiver 2011)
Parler des médias en Chine se résume bien souvent à discuter de la censure, du contrôle de l’information et des droits de l’homme. Monde chinois veut contourner cette représentation banalisée - sans évidemment la réfuter - et supposer, plutôt, l’hypothèse d’une relative liberté de parole en Chine. Car celle-ci est bien existante dans les médias chinois. Avec la libéralisation de l’économie, le temps du monopole de l’information par les journaux officiels s’est achevé, et les grands groupes de presse ou audiovisuels chinois disposent aujourd’hui d’une véritable liberté éditoriale qui peut même parfois bousculer le Parti : dénonciation de scandales, corruption, trafics... L’information locale se développe, parfois mieux que les organes nationaux, les chaînes de télévision et les stations de radio se multiplient, le nombre de Chinois connectés à Internet explose, et, malgré le puissant bridage idéologique et juridique, la diversité médiatique s’organise. Ce numéro de Monde chinois cherche à rendre compte des réalités complexes du paysage médiatique chinois, de ses pratiques professionnelles qui doivent intégrer des contraintes politiques, des mécanismes de formation de l’opinion chinoise, des enjeux et des évolutions d’un secteur en pleine mutation.
Jean Bernard Pinatel, Russie, Alliance vitale (Editions Choiseul, Février 2011)
Un retour de l'Europe dans les affaires du monde ? Pas sans une alliance avec la Russie. Voilà la conclusion de cette investigation très fouillée sur les rapports de force géopolitiques en ce début de siècle. S'appuyant sur des informations inédites, Jean-Bernard Pinatel livre une analyse éclairée de la relation entre Washington et Pékin. Relation ambivalente, nébuleuse mais fascinante. L'Europe, elle, se voit éconduite et raillée, trop occupée à se chercher une consistance politique. Désinformée sur les dangers qui menacent nos frontières et pénalisent son développement, elle accepte de voir se perpétuer, à ses frontières, les conflits israélo-palestinien, irakien, ou afghan. Ce portrait du début du siècle s'achève sur un plaidoyer original en faveur d'une liaison européano-russe renforcée que l'auteur estime aussi indispensable que bénéfique à la stabilisation de notre continent.
Armements : contrôler, désarmer?, Sécurité globale (N°14, Hiver 2011)
La maîtrise des armements est sans aucun doute l'une des plus épineuses questions de la sécurité internationale. Limiter le nombre d'armes que détient un ou des États, voire le réduire, relève toujours de la gageure dans les relations internationale. Et une fois les traités négociés et ratifiés, il faut encore les appliquer, inspecter et vérifier leur mise en ouvre. Or les armements évoluent, de nouvelles puissances émergent, les rapports de force internationaux se complexifient.... La maîtrise des armements est un défi de la diplomatie internationale de chaque instant, dans lequel transparence et confiance sont difficiles à obtenir durablement. Biotechnologies, commerce des armes, nouvelles puissances militaires, unités de vérification, discussions en cours : cette livraison d'hiver fait le point sur un enjeu permanent de sécurité internationale.
Turquie. Changement de cap?, Moyen-Orient (Numéro 9, Janvier-Février 2011)
Le 14 décembre 2010, les ministres des Affaires étrangères des 27 États membres de l’Union européenne (UE) ont refusé d’ouvrir un nouveau chapitre dans le cadre des négociations d’adhésion de la Turquie à l’UE. Candidat reconnu depuis bientôt onze ans, le pays se voit reprocher de ne pas en faire assez ou assez vite par les 27. Pourtant, depuis l’accession au pouvoir des islamistes modérés du Parti de la justice et du développement (AKP) en 2002, la Turquie connaît de profondes évolutions en matière de démocratisation et commence par conséquent à considérer l’attitude de Bruxelles à son égard trop négative et à repenser sa politique étrangère en direction du Moyen-Orient. Alors que des élections législatives seront organisées en juin 2011, le dossier du présent numéro se propose de dresser un bilan politique et économique de la Turquie afin de saisir les dynamiques en cours tant vis-à-vis de l’Europe que vis-à-vis du Moyen-Orient, espace géographique et historique auquel elle appartient.
Internet à la conquête du monde, Questions Internationales (N°47, Janvier-Février 2011)
Le dossier présente les dimensions multiples d'Internet qui transforme le monde sur tous les plans en particulier sur le plan culturel. La capacité de régulation des Etats et le monopole dans leur espace souverain sont menacés. L'intégrité des moyens publics à leur disposition est en cause (intelligence économique, cyberterrorisme). Internet est à la fois un outil de communication et d'inclusion.
Alexandre Defay, Géopolitique du Proche-Orient (Que sais-je?, Janvier 2011)
Le Proche-Orient, où l’on regroupe l’Égypte, la Syrie, le Liban, l’Irak, la Jordanie et Israël, occupe une place centrale sur l’échiquier géopolitique mondial. Au cœur des tensions qui marquent cette région, se trouve le conflit israélo-palestinien entré, depuis septembre 2000, dans une nouvelle phase paroxystique. Au-delà de l’horreur de l’enchaînement inlassable des attentats-suicides, des tirs de missiles et des représailles israéliennes dans les Territoires, cet ouvrage explique comment, en un peu plus d’un siècle, le Proche-Orient est devenu le lieu d’affrontement de visions multiples et contradictoires, d’enjeux stratégiques avoués ou dissimulés, mais aussi de perceptions et de convictions identitaires, sociales, culturelles et religieuses, fortes et antagonistes.
Alain Antil, La ruée sur les terres agricoles. Quel impact pour l'Afrique ? (Ifri, Janvier 2011)
« Accaparement des terres africaines », « ruées sur les terres africaines », « ruée sur l'or vert africain », « nouvelle colonisation » : depuis deux ans, le sujet fait régulièrement l'objet d'articles et d'études. Pourtant, comme nous le verrons, l'Afrique subsaharienne n'est pas la seule région du monde concernée par ce phénomène. Pourquoi alors cette mobilisation toute spéciale sur le continent africain ? Parce que, dans les inconscients collectifs, ce continent reste celui de la faim et que le rachat des terres touche à deux symboliques très sensibles : cet « accaparement » serait le véhicule d'une néocolonisation économique et politique et viendrait confirmer le pillage du « Tiers-Monde » et de l'Afrique par des puissances étrangères, source de la pauvreté et de la famine.
Après deux décennies de rêve multilatéral, la vitalité neuve des « murs » nous rabat sur les classiques couples conflictuels. Le dossier que nous consacrons à ces coupures, à ces contingentements des espaces de conflit, décrit cependant toute la complexité de ces murs, la diversité de leurs statuts stratégiques. Ces murs sont en réalité tout sauf d'impénétrables séparations qui auraient pour fonction de régler, même provisoirement, les conflits dont ils sont l'emblème.
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Le citoyen du nord de la Méditerranée oscille souvent, dans sa vision du Sud, entre l’ignorance totale du développement de l’islam en Afrique subsaharienne et un réveil effaré face au diagnostic d’une « invasion »… L’affaire est, on s’en doute, plus complexe. Le fort développement de
l’islam au sud du Sahara nous plonge dans des mouvements très complexes, qui nous rappellent que les relations internationales sont le produit construit d’acteurs multiples et divers. L’expansion africaine de l’islam ne relève ni d’une simple et irrépressible action des sociétés civiles, ni d’une pure manipulation des diplomaties étatiques. Elle est un produit mixte.